VOS SAUTES D'HUMEUR VOUS PARLENT ! ÉCOUTEZ-LES !

Vous arrive-t-il d’avoir un comportement et des propos qui semblent insensés ou disproportionnés en réaction à un interlocuteur ou à un évènement, pour ensuite vous demander pourquoi avoir réagi ainsi ? Ces sautes d’humeur inattendues surprennent par leur spontanéité mais aussi par leur inconfort, et sont porteuses de messages d’une richesse incommensurable.

 

D’où proviennent ces sautes d’humeur?

– Quel sale caractère tu as!

– Ahh! Ce que tu peux être susceptible!

– Arrête de tout prendre si personnel!

–  Tes réactions sont exagérées!

Ces phrases sont souvent le réflexe que nos interlocuteurs porteront devant notre saute d’humeur. Nos réactions semblent parfois provenir « d’un autre monde », comme si quelqu’un d’autre parlait ou agissait à notre place. Outre un débalancement hormonal, nos sautes d’humeur trouvent leur origine au plus profond de notre psyché. Elles émergent effectivement « d’ailleurs », de cette autre partie de notre cerveau appelé l’inconscient. Or, tout comme le glacier (iceberg) ne montre qu’une infime partie de sa pleine capacité, ce qu’il camoufle sous l’eau est plus révélateur de sa grandeur que ce qu’il montre au grand jour. L’analogie du glacier fait ici référence à la partie consciente (rationnelle) de notre cerveau et celle inconsciente (émotionnelle), gardienne de nos plus grands trésors.

Souvent liées à nos mécanismes de défense, ces sautes d’humeur émergent de notre inconscient et nécessitent que nous les observions afin qu’elles ne soient plus un obstacle à la réalisation de nos objectifs de vie. Ces comportements instinctifs sont révélateurs d’éléments de notre histoire de vie prêts à être élucidés.


Mécanismes de défense courants

Ces sautes d’humeur explosives sont souvent un comportement défensif, une manière de se protéger de ce que nous percevons comme un danger pour soi.  Un mécanisme de défense ou de protection est une attitude inconsciente, développée suite à une ou des expériences de notre passé, afin d’assurer notre sécurité face à un irritant extérieur.

Un mécanisme de défense est souvent exprimé de manière excessive, mais peut aussi laisser paraitre un désengagement lorsque exprimé sous forme passive. Tous deux ont les mêmes répercussions à long terme: celles d’écraser un bagage de souffrances nécessitant une mise à jour.

Les plus courants sont les suivants:

  • Déni: action de refuser de voir la réalité (évènements, sentiments) telle qu’elle se présente et d’ignorer les conséquences possibles. “J’ai pas tant de peine que cela, ça va passer.”
  • Dissociation: forme de déni augmenté, associé à des traumatismes graves. Action d’être ailleurs et de ne pas se souvenir des évènements et émotions. “Oui, j’ai été témoin de ce grave accident (ou victime de…) mais ce n’est pas si pire que cela, je n’ai pas de séquelle.”
  • Projection: action d’attribuer ses sentiments à autrui. “Tu sembles de mauvais poil aujourd’hui!” “Cette personne n’a vraiment aucun savoir-être!”
  • Passivité agressive: action de faire en sorte que les autres soient en colère envers soi (par exemple en procrastinant, en étant négligent ou provocateur) au lieu d’affirmer sa propre colère. Ainsi la personne vit sa colère refoulée au-travers la colère de l’autre. “Pourquoi te fâches-tu ainsi? Ce n’est pas de ma faute si j’ai été retardé par le trafic!”
  • Intellectualisation: action d’analyser et d’expliquer ses émotions par des concepts théoriques au lieu de les ressentir et de les vivre. “J’ai vécu une enfance difficile mais mes parents ne pouvaient me donner ce qu’ils n’ont pas reçu, alors je ne peux leur en vouloir.”
  • Rationalisation: action de justifier un comportement par une généralisation erronée. “Tout le monde fait ça, une fois de plus ou de moins, ça n’a jamais tué personne, au point où j’en suis rendu, etc.”
  • Somatisation: action de ne pas tenir compte des sentiments qui seront cependant exprimés au travers le corps par des maux et maladies.

Les mécanismes de défense sont comme un mur de protection empêchant l’accès au territoire qu’est notre inconscient. Ce territoire dévoile le visage de nos émotions refoulées. Le mécanisme de défense devient ainsi le gardien d’émotions que nous n’avons pas été en mesure d’accueillir et de vivre à un moment passé, mais qui demandent maintenant d’être libérées.

Il existe plusieurs autres mécanismes de défense auxquels vous pourriez être “abonné”! Je vous invite à faire vos propres recherches sur le web via les mots-clés suivants:

  • mécanisme de défense
  • mécanisme de protection
  • biais cognitif

 


Les relations amoureuses et nos mécanismes de défense

Les relations amoureuses, de par leur proximité et intimité quotidienne, sont le terrain de jeu parfait pour faire éclore nos sautes d’humeur et pour utiliser nos mécanismes de défense. Une parole, une action ou un comportement anodin de la part de notre partenaire peuvent nous faire adopter spontanément un comportement d’auto-défense, comme si notre vie était en danger!

En fait, ces comportements réactionnels se présentent principalement pour nous aider à guérir de nos blessures de l’enfance et à évoluer en conscience. Lorsqu’une relation est harmonieuse, mature et axée vers la communication consciente des deux personnes qui la composent, elle permet l’expression de nos mécanismes de défense ainsi que l’écoute de leurs messages. Ainsi, la relation mature permet de cheminer vers une clarté et une libération émotionnelle nécessaire à l’expression de notre créativité et à l’accomplissement de nos rêves.

Plus une relation évolue, plus elle ouvre ses portes aux fantômes et démons de notre passé. Et c’est ici que prend place l’erreur commune que plusieurs personnes font : lorsque la douleur et l’inconfort émergent, par des malaises ou par des conflits relationnels, on résiste, on combat « l’ennemi » (lire ici, l’autre!) et/ou on se pousse! Or, c’est principalement au travers les relations amoureuses évolutives que nous avons la chance de panser ces blessures d’un passé enfoui dans l’inconscient, et d’ainsi cheminer vers une meilleure connaissance et acceptation de soi.

Pour permettre cette évolution en conscience, il importe que la relation amoureuse soit composée de deux personnes matures émotionnellement. Par maturité émotionnelle j’entends cette capacité individuelle de se connaitre. Il est a parier que nos sautes d’humeur auront lieu malgré une relation saine mais mieux se connaitre permet d’entendre les messages de son corps et de son cœur, de connaitre son histoire de vie (ses aspects heureux et ceux plus traumatiques), de reconnaitre ses blessures émotives et d’être capable de les exprimer par une communication dite « non-violente ». La communication non-violente implique que l’on conscientise ses ressentis, que l’on identifie ses émotions et ses besoins sous-jacents, puis de les affirmer à l’autre dans le respect et la responsabilisation personnelle.

Une relation moins saine, vécue à partir de son inconscient, réveillera elle aussi nos vampires émotionnels mais ne permettra pas nécessairement de grandir et de cheminer comme au travers une relation harmonieuse où communication, respect, conscience et amour mènent le bal. L’égo blessé et son besoin de survie prend trop souvent la relève au travers le réflexe du mécanisme de défense, qui, lorsque utilisé à répétition, devient une forme de manipulation inconsciente. Guerre de pouvoir s’enclenche et si les deux personnes (et non juste l’une des deux personnes composant la relation) ne prennent pas conscience de leur douleur et mécanisme émotionnels, l’épuisement énergétique mènera directement à la fin de la relation. Et nul besoin de vous dire que l’expérience non résolu dans une relation reviendra assurément dans la prochaine.

  • Un bémol nécessite ici sa présence : si une des deux personnes composant la relation ne conscientise pas son ou ses mécanismes de défense, et porte constamment la responsabilité de son malaise à l’autre, l’action juste ici est possiblement celle de quitter cette relation sans issue. L’expression anglophone « It takes two to tango » symbolise bien ce concept : une relation saine n’est en mouvance que si ses deux composantes bougent à un rythme similaire et dansent la même chorégraphie!

Un message derrière ces réactions spontanées

Nos sautes d’humeur sont un cri de notre cœur, de notre âme. Comme une bouteille lancée à la mer et qui ressurgit hors de l’eau pour livrer son message, nos sautes d’humeur sont un message intuitif nous rappelant qu’un aspect de notre vie nécessite qu’on lui porte attention, qu’on lui apporte du réconfort.

Ces moments sont souvent un mouvement vers la réconciliation avec un passé composé de blessures non guéries, l’accueil de besoins non respectés ou la mise à jour de peurs inconscientes. Ils sont toujours indicateurs de la nécessité de prendre du recul afin d’entendre leurs messages. Ils se pointent à notre conscience car ils sont enfin prêts à être libérés pour faire place à l’émotion pure se cachant derrière son mur.



Peurs et besoins non entendus

Les peurs et les besoins qui tentent de se faire entendre au-travers les mécanismes de défense sont divers :

  • Peurs du rejet, de l’abandon, de la mort, de la douleur, du conflit, de l’engagement, de l’envahissement, de perdre l’autre sont souvent camouflées sous ce « pétage de coche » protecteur.
  • Besoins d’amour, d’appartenance, de sécurité, de reconnaissance, de réalisation sont aussi des trésors de vérité que l’on découvre lorsque nous baissons  les armes et passons par dessus le mur érigé par le mécanisme de défense, pour les voir.

Ces peurs et besoins sont les messagers auxquels nous devons répondre plutôt que d’ériger plus haut le mur que sont nos mécanismes de défense réactionnels.


Les clés de la libération de nos mécanismes de défense

Afin de libérer les causes inconscientes que ces sautes d’humeur tentent de camoufler, je vous propose 6 étapes-clés:

1. Conscientiser l’existence de ses mécanismes de défense

Lorsque nous avons une saute d’humeur sous forme douloureuse (colère, tristesse, haine, rancœur, épuisement, etc.), ou en résistance (déni, fuite, passivité, etc.) face à un évènement ou une personne, nous sommes presque à coup sur en présence d’un mécanisme de défense.

Il importe ici de “s’avouer” être en situation défensive.

2. Déterminer quel mécanisme de défense est à l’œuvre

Nous utilisons plus d’un mécanisme de défense mais avons tendance à avoir développé plus intensément un plutôt qu’un autre. Ce dernier sera répétitif dans l’émergence de vos réactions émotionnelles.,

– Est-ce que mon comportement détaché et mes explications rationnelles de mes ressentis sont une intellectualisation m’évitant de vivre la douleur et la peine qui tentent d’émerger de mon inconscient?

– Par l’omission de parler de mes ressentis, suis-je entrain d’être passif?

3. Identifier les peurs et/ou besoins sous-jacents du mécanisme utilisé

Nos sautes d’humeur répétitives camouflent nos peurs et besoins non entendus et non-comblés.

– Par mes accusations envers l’autre, suis-je en train de projeter ma peur ou mon besoin de _____________?

– Par la fuite que je fais, ai-je peur de l’envahissement face à ce besoin qu’a l’autre d’être avec moi?

4. Trouver la source de cette peur

Elle se trouve généralement dans nos expériences vécues entre l’âge de 0 à 12 ans et s’est ensuite répétée dans diverses relations ou situations de notre vie adulte. On pense souvent à tort que c’est notre ex-conjoint ou notre patron qui est la source de notre malaise mais ils ne sont en fait qu’un miroir reflétant à l’infini les blessures de notre enfance.

Afin d’identifier la cause possible de votre mal-être et de votre comportement réactionnel, demandez à votre intuition, (à votre âme, à vos guides, à Dieu, à l’univers ou votre ange gardien, selon vos croyances), de vous envoyer un message à l’égard de la provenance de cette peur ou de ce besoin non-comblé.

– “Intuition, qu’essayes-tu de me dire par cette lourde boule froide dans mon estomac (utiliser ici le symbole qui vous vient intuitivement pour décrire le malaise dans votre corps lorsque vous êtes en réaction émotionnelle), lorsque j’ai des fortes réactions émotionnelles?”

Laissez ce message, cette scène de vie passée, parvenir à vous en méditant ou tout simplement en étant réceptif tout au long de vos activités. Il arrive souvent qu’un flash intuitif ou une réponse spontanée, jaillissent pendant que nous sommes affairés.

Parfois la source est évidente : décès d’un être cher ou d’un animal, parents absents, colériques ou autoritaires, déménagement, etc. D’autres causes peuvent être plus subtiles : humiliation lors d’un concours de danse, ridiculisation constante d’un de nos traits de personnalité par un pair, incapacité à résoudre une énigme devant toute la classe, etc.

5. Libérer la charge émotionnelle liée à la source

Ici, vous pouvez vous imaginer en train de détruire le symbole identifié à l’étape 4 (boule, mur, barre, etc.) comme le ferait un superhéros! Oui, oui, on s’amuse à sortir l’artillerie lourde imaginaire (dynamite, scie, balayeuse, etc.) et on défait le symbole pour le laisser nous dévoiler l’émotion qu’il protégeait.

Par exemple: visualisez le mur de vos peurs s’effondrant à l’aide d’une masse, et faisant place à l’émotion. L’émotion peut avoir une forme, une couleur, un son ou un symbole. Dans tous les cas, elle est accompagnée d’un ressenti : colère, peur, peine, etc. Laissez-la jaillir en pleurant, en criant ou en tabassant l’oreiller!

La douleur d’une expérience traumatisante pourra ainsi être vécue puis faire place au calme.

6. Prendre soin de son besoin non comblé

Cette étape est celle où l’on reprend son propre pouvoir. Vous pouvez visualiser la scène à la source de cette émotion (voir étape 4), et la revivre avec l’aide que vous aviez besoin à ce moment antérieur.

Par exemple, si vous vous êtes vu pleurant seul, dans votre chambre, après une dispute entre vos parents, vous pouvez recréer cette scène. Imaginez-vous, adulte, vous infiltrer dans cette scène à côté de vous, enfant. Il se peut que vous résistiez à ce procédé par des jugements rationnels et par la peur du ridicule, mais faites-le, vous verrez combien il est efficace.

Une fois à l’intérieur de la scène, dites à vous, enfant, que vous êtes là et donnez-lui ce dont il a besoin, en ce moment (dans cette scène du passé).  Généralement, son premier besoin est un câlin, du réconfort, de la douceur. Rassurez-le en lui disant ses qualités, en lui expliquant qu’il a fait de son mieux ou qu’il n’y est pour rien, et surtout, en lui mentionnant qu’à l’avenir, il ne sera plus jamais seul pour vivre ce genre de situation puisque vous êtes là pour lui, à partir de maintenant.

Cette dernière étape implique de recadrer l’évènement avec les outils, les connaissances et la conscience que nous avons maintenant en tant qu’adulte. Il ne s’agit ni d’excuser une action, ni de la nier. Recadrer l’expérience permet à l’adulte que nous sommes de prendre soin et de sécuriser « l’enfant en soi ».

L’erreur fréquente que l’on fait est d’omettre l’étape 5 et de passer à l’étape 6 rapidement. Or, il importe que cette étape se fasse seulement lorsque l’étape 5 de la libération émotionnelle est achevée. L’émotion doit être d’abord accueillie et vécue en soi pour qu’on puisse ensuite être détaché et empathique pour “l’enfant en nous”.

Note importante: il est fortement recommandé que ces étapes soient effectuées avec une aide professionnelle thérapeutique.


Conclusion

Ces mécanismes de défense peuvent être nécessaires dans certaines situations malsaines et être l’alarme nous dictant un réel danger émotionnel. Ils se révèlent ainsi être les meilleurs moyens de contrer les agressions extérieures afin de se protéger.

Ils deviennent cependant un handicap lorsqu’ils sont répétés face à des situations nouvelles ne nécessitant plus ce comportement défensif. Il importe alors de conscientiser que nous sommes maintenant adulte et de rassurer l’enfant en soi qui utilise ces mécanismes pour se faire entendre. Dites lui que vous êtes là et que vous avez maintenant tous les outils pour faire face sainement aux différents évènements de la vie. Puis, remplacer ce mécanisme par un autre plus sain, comme l’affirmation.

Le fait de porter attention à ses sautes d’humeur et de conscientiser ses mécanismes de défense ne garantit pas qu’ils ne referont plus jamais surface. Ils sont ancrés dans notre mode de pensée et d’action depuis souvent très longtemps et ont tendance à reprendre ce chemin automatique instinctivement. Or, une fois mis à jour, il devient plus facile, lorsqu’ils ressurgissent, de les accueillir en les démasquant et en stoppant leurs routes.

Vivre consciemment implique d’aller sous l’eau voir ce que le glacier camoufle comme grandeur. Sous l’eau est ici la symbolique de notre inconscient. Les traumatismes de l’inconscient non libérés sont l’entrave numéro un à la réalisation d’une vie épanouissante et créative. Qui plus est, ils peuvent avoir un impact considérable sur notre santé et mieux-être.

Une saute d’humeur bien gérée peut ainsi être l’un des plus beaux cadeaux que l’on s’offre afin de vivre pleinement et consciemment!

Et vous? Quel est votre mécanisme de défense de choix et de quelle manière se répercute-t-il?

 

Geneviève Lafleur

Coach en santé optimale, passionnée par l’humain et la santé préventive, auteure.

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Crédits
photo article: Ichut

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