La recherche de l'équilibre et du déséquilibre

« L’équilibre est en quelque sorte l’égalité dans toutes les sphères de vie.
Alors si nous avons un constant et égal déséquilibre dans chacune
de nos sphères de vie, nous serions donc en équilibre »
Francis Roy

Mon ami Francis est en Afrique présentement. Il est parti en octobre pour aider sans compter. Il va, de village en village offrir son aide à ceux qui veulent bien de lui. C’est sa façon d’offrir à l’humanité et de recevoir en retour par les échanges et les liens qu’il crées avec les communautés qui l’accueille.

Dernièrement, j’ai pris connaissance de la majorité des articles qu’il a publiés sur son blogue, et l’envie de prendre mon sac à dos et d’aller le rejoindre m’a prise. Hé oui, je suis en fauteuil roulant et je voyage ! Être assise ne m’empêche pas de fouler le pied de différentes frontières. Bon ok, ça nécessite un peu plus de préparation, et beaucoup de débrouillardise mais c’est possible. En tout cas je l’ai fait plusieurs fois et je ne suis pas la seule, allez lire les aventures de Roulettes et sac à dos vous en tomberez sur le dos. Je vous raconterai certainement mes voyages dans mes articles futurs, mais pour l’instant gardons l’équilibre et revenons à notre sujet du déséquilibre par le sac à dos.

On dit souvent que les voyages forment la jeunesse, que les aventures vécues à l’étranger font grandir. La découverte de soi, de l’autre, l’échange et la déstabilisation outremer nous amènent au plus profond de ce que nous sommes, poussent le développement de notre plein potentiel, nous faisant découvrir des facettes de nous-même que nous n’avions même pas imaginées.

Ayant une grande soif de vivre, voyager avec mon sac au dos, de façon « non organisée », est pour moi la meilleure façon de toucher à ce déséquilibre qui permet un dépassement de soi. Le contact avec l’étranger, sa culture, ses pratiques et ses croyances nous déstabilise et nous permet de nous repositionner, de modifier notre regard et nos jugements face à soi et aux autres. Notre réseau familial, sociétaire, éducationnel ou amical nous a inculqué sa vision, nous a programmé à une certaine façon de penser, de faire et d’être.

Personnellement, je veux vivre libre. Avoir un esprit et une vision libre. Mon Être n’a ni culture, ni famille, ni société, il est unique et il a sa propre façon de voir et de faire. C’est à travers la découverte de l’autre que je découvre mes propres programmations et que je suis en mesure de m’en libérer pour me rapprocher de ce que je suis vraiment.

Rejoindre Francis sur le continent noir est donc enviant pour moi. De nature sanguine et colérique, il m’arrive parfois, à toutes jambes, de répondre à l’appel d’une envie soudaine d’aventure. Quelle qu’elle soit. Ma devise, « Je ne sais pas comment, je ne sais pas avec qui, ni avec quel argent, mais je le ferai ». Bon vous me direz que c’est irresponsable, surtout en restant assise sur 300 livres de tôle, sans avoir une tôle en poche, mais à trop réfléchir sur le comment, on manque souvent le bateau du Vivre.

Pourtant cette tentation n’a duré qu’un court instant, quelques secondes, deux minutes tout au plus. Juste le temps de venir me chatouiller et de me faire dandiner sur mon fauteuil. Juste le temps qu’arrive un chuchotement, une petite voix douce et calme. Celle de mon Être, celle de l’Esprit, celle de mon guide, nommez-la comme vous voulez, pour moi cette voix est la même; celle de la sagesse intuitive. Ce murmure, ce silence intérieur, me confiait que « chaque chose a son propre temps, à son présent » et que mon « moment présent » n’était pas dans l’aventure et la découverte, mais bien dans la construction d’une fondation, de l’enracinement et de l’équilibre.

Lorsque j’étais célibataire, sans attache domiciliaire et travailleuse autonome à temps partiel, le temps était à l’aventure, à la découverte. Aujourd’hui avec une vie de couple à chérir, une maison à entretenir, une carrière de conférencière à développer et une stabilité à trouver dans mon quotidien avec mes services d’aide à la personne, le temps est à « fonder mon foyer ».

Le développement de l’Être s’affine, oui par les défis, les voyages, les aventures mais aussi dans la routine du quotidien. Trouver l’équilibre à travers les tracas de tous les jours donne de la force, un ancrage. Qu’y a-t-il de plus solide qu’un chêne bien enraciné, qu’une fondation bâtie sur le roc. Ne pas se laisser abattre par les épreuves du quotidien est une aventure de haut niveau.

J’écouterai donc ma petite voix, resterai sagement les deux pieds chez moi à fonder et à servir plutôt que d’aller rejoindre mon ami dans le berceau de l’humanité. Pas dans la prochaine année en tout cas! Mais suivez-moi tout de même sur les réseaux sociaux, on ne sait jamais à quoi je peux m’ouvrir et dire oui. La voix du chuchotement est impénétrable, et le « moment présent » du départ n’est peut-être pas loin!

 

Marie-Claude

 

Crédits photo: Joshua Zader

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Dès son adolescence, on reconnaît Marie-Claude Lépine comme une femme d'action, que rien n'arrête, inspirante, et remplie de ressources. C'est avec son sac au dos que cette voyageuse foule le pieds de différents pays d'Europe de l'Amérique du sud. Elle se fait connaître comme slameuse et coach de David Goudreault (champion du monde de slam) lors de la Coupe du monde de slam en 2011. Conférencière professionnelle, elle participe à différentes émissions de télévisions où elle partage ses expériences, sa sagesse et ses réflexions sur la vie et nous fait comprendre qu'il est possible de créer sa vie au lieu de la subir.

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