LES AMANTS ÉCORCHÉS

Ce matin, bien malgré moi, je me suis réveillée avec le constat que je t’aime encore et que malgré les années qui passent tu fais toujours autant partie de moi. Déraisonnablement, inutilement, passionnément: je t’aime !

Ton nom me pince encore dans l’estomac. Nos souvenirs sont toujours aussi vifs et pourtant tu as refais ta vie et j’ai tenté maintes fois de refaire la mienne, mais il y a ce lien tellement difficile à rompre. Ce lien qui me lie à toi où que je sois, quoi que je vive, qu’on se parle ou non, qu’on soit libres ou non. Ce lien absolument irrationnel pour lequel je ferais tout et n’importe quoi, juste pour te voir, juste pour te parler, juste pour fusionner avec toi et ce même si je sais que notre relation finit toujours par se terminer dans la douleur et l’insatisfaction, malgré ce fossé qui nous empêche de nous aimer dans la réciprocité et l’harmonie.

Je t’aime encore, comme la fois où on s’est croisé sur une terrasse, par hasard, après des mois de silence, alors que je prenais un verre avec mon nouveau copain, celui que j’essayais désespéremment d’aimer pour me sevrer de toi. Ce soir-là, j’ai eu les tripes en feu en t’apercevant. Tu étais plus beau que jamais. Je brûlais pour toi, tellement fort, que je me suis permise de transgresser la ligne, permise de faire ce que je n’avais jamais eu aucune intention de faire; me foutre de ma morale et simplement dire oui à ce qui me consumait de l’intérieur: Toi.

Cette soirée-là, dès que je t’ai aperçu j’ai su que c’était toi que j’aimais et pas l’homme qui partageait ma vie. Et même si ça me dérangeait profondément de t’aimer plus que lui je savais qu’il le savait aussi. T’aimer, c’était plus fort que moi, ça dépassait la raison, ça dépassait le contrôle que j’avais sur mon corps et mes choix, et c’était pareil pour toi, cette attirance, ce lien profond, cette amitié, cette aventure intense qu’on a porté à bout de bras aussi longtemps que possible malgré toutes les brûlures, les déchirures et les pleurs que cela nous a occasionné.

Tu disais que tu ne m’aimais pas, mais tes gestes eux disaient autre chose. Il y avait cette ambiguité et cette ambivalence qui me faisait danser un tango si épuisant avec toi. En fait, nous étions tellement difficiles à aimer…tous deux si doux et sauvages à notre façon, si différents. Deux univers qui se connectaient à pleins de niveaux, mais qui s’entrechoquaient aussi. J’aurais voulu qu’on s’aime assez pour passer à travers nos différends. J’aurais voulu que mon âme et mon corps soient un refuge pour toi. J’aurais voulu que tu puisses m’offrir ce que tu ne me donnais pas. Et toi, tu aurais voulu que je n’attende rien de toi. Comment cette histoire aurait-elle pu se terminer autrement qu’en queue de poisson?

Ce soir-là, où je t’ai croisé, on l’a passé ensemble à rire, à parler et on s’est embrassé comme si demain n’existait pas, sans morale, sans réfléchir, sans se demander si tout cela avait du sens. J’ai laissé mon copain le soir même, pour toi, parce que l’envie fougueuse de vivre le moment présent avec toi était plus forte que tout. Mais rien n’avait changé, tu aimais bien jouer à suis-moi je te fuis, tu étais très solitaire et j’avais l’impression malgré notre grande connexion de n’avoir jamais réellement accès à ton coeur et ton âme, alors j’ai pleuré encore. Puis, cette fois on s’est déchiré tellement qu’on a cessé de se voir, 1 an, 2 ans, 3 ans 4 ans…je ne sais plus ? Je crois…

Et me voilà encore à rêver de toi, parce que tu n’as jamais vraiment cesser de m’habiter et que secrètement j’espère encore te croiser et chambouler ma vie pour goûter tes lèvres, cuisiner nos plats favoris et te jouer des tours.

Déraisonnablement, je fantasme encore sur l’homme que tu es, après tout ce temps loin de tes yeux et de ton coeur. Je ne crois pas à cette expression. Je ne veux pas la croire. Parce que je sais que si demain matin tu me demandais de te rejoindre je le ferais, malgré toutes les bonnes raisons qui pourraient me convaincre de ne pas le faire. N’ai-je pas suffisamment été brûlée vive par cette attraction entre nous ?

Je sais que ça n’a aucun sens et je n’aime pas me voir faire ces mauvais choix. Je m’accroche encore à ce que ça aurait pu être toi, moi, nous, si pour une fois, ton coeur restais ouvert assez grand pour que je puisse m’y blottir vraiment et pas seulement un instant. N’ai-je pas suffisamment fait le tour de cette flamme qui s’éteint et se rallume d’elle-même, mais qui surtout m’a brûlée vive plus d’une fois ?

Je t’ai toujours aimé plus. Comme une folle. Dans ma chair et mes os, comme une drogue. Juste parce que c’était Toi, ton sourire, ton amitié incroyable, tes bras, ton intelligence, et la confiance inébranlable que j’avais en toi. Puis, quand prise de colère et d’amerture je me détachais de toi, tu retrouvais soudainement ton engouement pour moi. Évidemment… Ça me rendait folle! Alors, on faisait l’amour et j’oubliais toutes mes résolutions pour me tenir à distance et me sevrer de cette ambiguïté entre nous. J’oubliais ma colère et notre amitié. J’oubliais ton égocentrisme et tes excentricités. J’oubliais mon incohérence et le déséquilibre qui s’emparait de moi. J’oubliais les chicanes et les pleurs. Je ne pensais qu’à recommencer à outrance, qu’à connecter et mordre dans la vie et l’interdit, je carburais à cette intensité et cette passion qui nous faisait perdre la tête entre deux coups de poignards dans le coeur. Ça me faisait sentir vivante, mais en fait, je mourais à petit feu de cet amour qui ne me rassasiait jamais vraiment.

On tentait à tour de rôle de se sauver, de prendre soin l’un de l’autre, mais on souffrait tellement qu’on passait plus de temps à s’écorcher qu’à se guérir. Nos egos se chicanaient et réagissaient à tout et rien. On jouait à papa et maman, mais comme on n’avait pas d’enfant ça se terminait toujours mal. Il y avait cette dualité, cette distance, cette contradiction qui nous rendait si près des yeux, mais loin du coeur. Et ça me rendait malade…malade de toi…inassouvie, junkie. Tu m’aimais, mais pas comme j’en avais besoin et envie. Tu m’aimais à ta façon, avec plus de froideur et de réserve, à la carte et sur rendez-vous, avec ton tempérament moins expressif et ton mode de pensée plus rationnel que spirituel. On était si différents et pourtant on s’attachait, on s’accrochait à tout ce qui nous ralliait. Je t’aurais sauvé la vie n’importe quand. Et je savais que tu aurais fais pareil pour moi. Ce n’était pas juste une histoire de peaux et de passion. C’était tellement plus que ça.

Je rêve parfois qu’on se retrouve, fous de désir et de passion, mais surtout d’amour et d’amitié. Je rêve que la distance qui nous a séparé ait pu guérir ce qui nous a séparé tant de fois. Je rêve en me disant: Et si c’était toi ? L’homme de ma vie !

Mais aujourd’hui, j’ai guéri, j’ai évolué et j’ai compris que l’amour, le vrai, ne ravage pas mais reconstruit. J’ai compris qu’il ne sert à rien d’espérer un amour qui ne nait pas de lui-même et que m’aimer assez veut aussi dire me protéger de mon amour déraisonnable pour toi.

J’ai compris que parfois les relations sont absurdes et non réciproques et que ceux qui nous aimeront le plus, feront rarement vibrer notre coeur avec la même fougue, et que ceux que nous aimerons de tout notre être ne ressentiront probablement pas le même émoi. Les âmes se choisissent pour cheminer ensemble et ce n’est pas toujours dans l’amour réciproque et l’allégresse que nos chemins se croisent et se quittent.

J’aurais aimé me marier avec toi. J’aurais aimé que ce soit Toi. Mais en même temps, si je suis profondément honnête et sincère, je sais que, ici et maintenant, tu n’es pas l’Homme que je cherche et j’ai l’impression que tu ne le seras jamais dans cette vie, malgré le temps qui passe, malgré les grands remous qui nous poussent parfois à changer.

Je sais que j’ai une profonde blessure d’amour propre à guérir, une corde à couper, une main à lâcher…et je sais aussi que c’est en te laissant partir, une fois pour toutes, que je pourrai enfin connaître le véritable amour alors je te dis JE T’AIME, une dernière fois, et je te remercie pour cette flamme que tu as allumé en moi, celle qui me mènera vers ce grand amour que je recherche.

Mais sache que je serai toujours là pour toi, quoi que tu traverses, parce que l’amour, celui qui brûle les tripes et qui nous rend un peu fou, cet amour on ne l’oublie jamais vraiment. Je serai toujours là pour te tenir la main et te sauver la vie quand tu perdras tes repères, parce que nos âmes se sont choisies pour apprendre à aimer et guérir. Parce que l’amour que j’éprouve pour toi est inconditionnel et plus grand que tout ce qui a pu nous diviser. Parce que je t’aimerai toujours, humainement, amicalement, mais sans attentes cette fois.

Voici mon rêve pour toi et moi:

T’aimer dans le détachement. T’aimer sans foutre ma vie à l’envers. T’aimer sans autre espoir que ton bonheur.

Je sens que je devrai relire ce texte souvent, car au moment où je le termine, mon coeur se pince.

Pardonne-moi. Je te pardonne. Je t’aime. Tellement. Merci.


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Écrivaine spécialiste des mots du coeur, Mymy cherche à inspirer et apaiser les coeurs pour répandre de l'espoir dans le monde ! Son premier recueil de textes Mon carnet antinaufrage s'est frayé une place significative dans le coeur des gens !

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Support technique  : Mélanie Galipeau et Christian Cardin

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