ÊTRE HEUREUX, POUR QUI ?

Nous cherchons tous le bonheur et la paix intérieure afin d’être heureux avec nous-même. Une panoplie de conseils, d’outils, d’ouvrages est actuellement en circulation pour répondre à cette grande recherche existentielle. Le public est en quête, le marché est là pour y répondre. Cette vague d’aspiration de sens est-elle nouvelle? D’où provient-elle? Pourquoi prend-elle tant d’ampleur dans le monde actuel?

Depuis quelques années, je remarque le nombre croissant de coachs de vie et de conférenciers en développement personnel qui nous partagent le fruit de leur apprentissage du bonheur. La popularité de certaines spiritualités autres que religieuses axées sur soi, sur la méditation, sur la pleine conscience est également en explosion. Parallèlement, on observe une baisse de fréquentation dans les églises, catholiques du moins. Cet engouement d’un côté et ce désintéressement de l’autre sont-ils liés? Je crois que oui.

On abandonne l’église pour éviter les dogmes, les règles. On esquive les hommes d’Église pour ne plus qu’ils guident notre mode de vie, pour être libre. On ne veut plus de ce Jésus mort sur la croix par sacrifice et par amour, on lève le nez sur ce grand maître. Pourtant cette institution avait réponse à tous nos questionnements. Que cherchons-nous? Que désirons-nous?

À voir cette poussée de quête de sens depuis quelques décennies, il est clair que de vider les églises a creusé en nous un vide intérieur. Que laisser Jésus pour mort, nous a conduit à errer sans trop savoir où aller, sans berger pour nous guider et protéger notre âme des loups menaçants notre quiétude. Je ne ferai pas ici l’éloge de la chrétienté et ne la décrirai pas non plus, je vous expose simplement le résultat de mes observations:

Ce que nous avons abandonné et condamné nous laisse aujourd’hui en manque. Manque de sens, manque d’amour, manque de guidance, manque de foi.

La religion, culte communautaire, a été remplacée par une autre spiritualité, celle-ci plus individualiste, axée sur soi et en lien étroit avec la nature. La prière a laissé place à la méditation, l’adoration d’un dieu à l’idolâtrie de la nature, puis la foi en plus grand que soi à la foi en soi. Les prêtres ont été délogés par les coachs de vie, les thérapeutes, les psychologues. Les prédications ont été subrogées par des conférences de croissance personnelle.

Un seul aspect semble ne pas avoir été renouvelé; le don de soi par le service.

J’ai rarement entendu un coach de vie, un thérapeute, ou un conférencier nous inviter à aller vers les autres et à offrir ce que nous sommes pour être au service de l’autre, de l’humain, concrètement dans l’action, en mettant les mains à la pâte. Exercer le bénévolat, s’investir dans une cause, s’engager socialement ou envers autrui sans rien attendre en retour n’est pas très populaire. On parle certes d’amour, d’amour universel, mais pas celui dans les actes.

Pourtant, quel bonheur y a-t-il de plus grand que celui d’investir sa vie pour ses enfants? Quel sentiment de perpétuité y a-t-il de plus grand que de semer dans l’action ce que nous sommes et ce que nous portons?

Il y a plusieurs années, j’accompagnais un jeune dans la vingtaine qui vivait certaines difficultés, il se sentait isolé, en marge de la société, mal avec lui même, en recherche de sens. Je l’invitais à pratiquer qu’une seule chose: le bénévolat. À chaque fois, il se mettait à rire, se moquait moi, disait que le bénévolat était ennuyeux et pour les vieux. Un jour une amie lui a demandé de la dépanner pour animer des rencontres de scouts pour l’été. Il a accepté pour lui rendre service et il a découvert une passion. Par son implication, par son engagement durant toute la saison, il a constaté qu’il appréciait le contact avec les jeunes, qu’il aimait transmettre ce que lui même avait appris dans sa jeunesse. Pour lui, sa vie venait de changer. Il est sorti de l’isolement, a trouvé un nouveau réseau et a continué de faire du bénévolat durant 9 ans dans différents milieux. Sa vie a maintenant un sens.

Laissés libres à nous-même, sans guide, nous a fait nous perdre et nous a rendu individualiste. On ne veut plus être au service de Dieu ou au service des autres. On ne veut vivre que pour soi, que pour répondre à ses propres besoins. Être bien avec soi-même, être à l’écoute de ce que nous sommes.

On ne veut plus vivre pour les autres, l’engagement est contraignant et va à l’encontre de notre liberté d’agir, de nos envies, de nos besoins personnels. Le respect de soi domine sur le respect des autres.

Se retrouver soi-même, plonger en nous pour découvrir ce que nous sommes, ce à quoi nous aspirons, trouver notre voie, n’est pas négatif en soi, bien au contraire, cela est nécessaire pour trouver le bonheur. Emprunter une route qui n’est pas la nôtre, qui ne correspond pas à ce que nous sommes réellement est un vrai gâchis pour notre vie. Nous devons apprendre à aimer l’être que nous sommes, tel que nous sommes pour profiter pleinement de notre existence, cela demande parfois un grand travail sur soi et en soi. Mais cette exploration et découverte de nous-même doivent-elles s’exercer de façon solitaire, en privé ?

Vivre avec son petit bonheur dans les poches sans être en lien avec les autres, à quoi me servirait-il d’être heureux ?

Pour avoir expérimenté les deux types de spiritualités, celle du don de soi et celle du don vers soi, c’est l’application de l’amour d’autrui dans l’action qui me rend le plus heureuse. C’est la spiritualité en lien avec l’humain, avec ses forces et ses fragilités qui a le plus de sens pour moi.

Et vous, où se trouve votre bonheur ?

 

Marie-Claude

 

Crédits photo Lalit Shahane

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Dès son adolescence, on reconnaît Marie-Claude Lépine comme une femme d'action, que rien n'arrête, inspirante, et remplie de ressources. C'est avec son sac au dos que cette voyageuse foule le pieds de différents pays d'Europe de l'Amérique du sud. Elle se fait connaître comme slameuse et coach de David Goudreault (champion du monde de slam) lors de la Coupe du monde de slam en 2011. Conférencière professionnelle, elle participe à différentes émissions de télévisions où elle partage ses expériences, sa sagesse et ses réflexions sur la vie et nous fait comprendre qu'il est possible de créer sa vie au lieu de la subir.

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