"Désolée si ça vous choque, mais moi ça me débloque"

Je sais qu’on a tendance, nous les humains, à ne pas vouloir retourner en arrière. On veut regarder de l’avant parce que c’est dans cette direction là qu’on va, parce que le passé, c’est le passé. Parce que ce sont des histoires anciennes. Parce qu’on ne peut pas retourner en arrière. Parce que ça ne vaut pas la peine de se faire du chagrin pour des choses qu’on ne peut rien y faire, qu’on ne peut pas changer. On n’a pas envie de se remettre dans le bain dont l’eau est devenue frette. Pas agréable. Pas le fun. On n’a pas envie d’aller là où c’est inconfortable et où ça fait mal. On est humain. C’est comprenable. Bon!

Toutefois, qu’on le veuille ou non, le passé finit toujours par nous rattraper.  Je parle bien du passé non résolu. Je viens dire ici que les expériences et traumatismes du passé avec lesquels on n’a pas fait la paix (bien souvent, ça vient du monde de l’enfance), que les choses qu’on n’a jamais osé dire par peur de toutes sortes, que les larmes et les colères ravalées, les croyances fausses qu’on a achetées et/ou dont on a héritées, les secrets et les drames familiaux nous pourrissent la vie. C’est comme si l’on traînait un nuage gris-noir en haut de sa tête.

Un jour ou l’autre, le vase déborde.

Il vient un temps où on ne peut plus faire semblant que rien ne s’est passé et qu’on n’est pas blessé. La plaie n’a pas bien cicatrisé avec le bandage broche à foin. On ne peut plus garder tout ça sous silence.

Moi ça m’est arrivé dans un temps où j’avais bien d’autres choses à penser et à faire que de gérer des dégâts d’eau émotionnels.

J’étais étudiante perfectionniste à l’université, en psychologie, qui ne visait rien de moins que l’excellence. J’avais trois jobs en restauration et en service à la clientèle, pour payer mes études. Je faisais du bénévolat avec un ado autiste, une fin de semaine sur deux. J’avais un chum à temps plein, une soeur en détresse, des problèmes familiaux reliés à la maudite pension alimentaire, des fuites dans le contrôle, le sexe et la drogue, etc.

Comme dit mon mentor Robert Savoie, le meilleur moment pour prendre soin de soi, c’est quand on n’a pas le temps. Alors, c’est ça! J’ai entrepris un travail sur moi, une enquête pour découvrir qu’est-ce qui avait causé autant de dégâts et de dommages collatéraux. Je voulais savoir d’où je venais, qu’est-ce que je portais. Je voulais savoir pourquoi ma vie tombait en morceaux, mais, par-dessus tout, j’avais la volonté de m’en sortir et de reprendre le pouvoir sur ma vie.

En 2013, on m’a offert un certificat-cadeau, dans un centre de ressourcement, que j’ai décidé d’utiliser au mois d’août, le mois de ma fête. Depuis, j’ai pris goût à cette tradition de m’offrir un cadeau d’anniversaire, soit un soin, une retraite, une thérapie ou une célébration significative pour le bien de mon coeur, de mon corps et de mon esprit.

J’ai compris qu’il fallait passer par les étapes désagréables, retourner dans les émotions du passé pour s’en libérer. Que ce soit d’écrire des lettres à mes parents et mes bourreaux, de les brûler dans le feu ou de vraiment les envoyer par la poste, de faire le deuil de ceux qui sont partis, le deuil de la personne que j’étais, le deuil de la famille que j’aurais aimé avoir, de pleurer ma vie, même si d’autres personnes me regardent le faire, de sortir le moton quoi, tout ça est nécessaire pour mon évolution et mon bien-être.

J’ai compris qu’on ne peut pas s’en sauver indéfiniment. De quoi on se sauve au juste? Bonne question. On peut peut-être reporter ce qu’on doit faire comme on reporte la mise à jour de son téléphone ou de son ordi. Reste qu’il y a deux choix qui s’offrent à nous: redémarrer ou remettre à plus tard (dans une heure, pendant la nuit ou demain).

Mais qu’est-ce qu’on attend au juste? Le temps n’arrangera pas les choses. Ça sera pas plus facile demain ou dans quelques années!

Ce que l’on fuit nous poursuit et ce à quoi on fait face s’efface

On ne peut pas dissocier l’agréable du désagréable. L’un ne va pas sans l’autre. Le jour sans la nuit, c’est impossible. C’est une loi universelle à laquelle personne ne peut se soustraire. C’est un peu dommage que dans ma société, ce n’est pas tout le monde qui voit ça comme ça. J’ai remarqué qu’on ne veut pas avoir mal et aussi qu’on ne veut pas faire de mal.

On veut juste le bien, le beau et le bon. C’est juste ça qui a de la valeur, on dirait. On ne veut pas faire de la place au mal et surtout pas au mal qui est logé en nous et que nous portons depuis longtemps, beaucoup trop longtemps. Mais pourtant, lorsqu’on laisse place à ce qui est mal, laid et mauvais, le processus de transformation est enclenché. La vulnérabilité a le pouvoir de transformer notre vie.

Il y a des endroits spécifiquement conçus pour nous aider à libérer ce qui doit l’être pour (re)trouver la magie, l’étincelle dans les yeux et la ferveur de vivre. Pour moi, c’est au centre du mieux-être Robert Savoie, en Outaouais, que je me suis redécouverte et investie dans ma relation et réinvestie en tant qu’intervenante. J’ai entendu parler du centre Attitude à Saint-Sauveur, mais il y en a assurément d’autres partout au Québec. D’ailleurs, j’aimerais bien les connaître, si vous en savez plus.

“Exprimer son mal, ça fait du bien!”

 

La belle vie en mauve

 

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Valérie Brassard Lepage alias Vie est une humaine qui voit la vie en mauve. Elle est habitée par une force qui l'incite à communiquer de façon authentique. Ambitieuse et optimiste, elle croit que nous pouvons changer notre monde par l'éducation et la rééducation, à condition de faire la paix avec son passé.

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