À la recherche de mon amour-propre

Tant d’années à ne plus voir que j’existais et à vivre pour d’autres personnes que moi, déconnectée de mon amour-propre…

Comment est-ce possible?

Il y a de ça 3 ans et des poussières, je sortais d’une relation toxique qui avait duré plus de 7 ans.  Je n’avais plus le contrôle sur mon cerveau, parce que je l’avais laissé à quelqu’un d’autre.  Inconsciemment, je m’étais imposé comme rôle de vie celui de la pauvre fille manipulable.

Un humain utilise la manipulation parce qu’il veut ne voir que cette version de l’amour, tout autant que la personne qui se laisse manipuler.  Dans les deux cas, c’est un manque d’amour-propre et de confiance en soi!  Cette peur, tellement ancrée, celle de se sentir rejeté, mène parfois à endurer bien du mal-être et à en imposer aux autres aussi, par le fait même.

En se rencontrant, moi et lui, on a finalement pu accuser quelqu’un d’autre d’être la cause de notre propre mal-être.  Je passais mon temps à me plaindre, à me sentir maltraitée, à vivre dans la frustration, mais «je ne pouvais pas» m’en aller, parce que, selon moi, c’était ma seule raison de vivre. -L-|’a-|m-|o-|u-|r-, la haine, le lien nocif, mon manque d’estime et de confiance, tout ça faisait en sorte que je restais ainsi, à ne pas me faire respecter.  Vivre emprisonnée dans une tempête mentale constante, dans le doute; la tristesse faisait partie de mon quotidien, car je ne voyais que cette option comme possibilité.  Je ne voulais surtout pas réaliser à quel point je me maltraitais moi-même en me gardant émotionnellement au plus bas.  En fait, je me sentais incapable de vivre pour moi.

Après cette séparation, ma tempête mentale ne s’est pas calmée tout de suite.  Je me sentais comme un oiseau qu’on avait gardé emprisonné en cage et qu’on laissait s’échapper, mais qui n’avait pas de nid où se sentir rassuré. Je me suis cherchée.  Oohh oui! Tellement!  Je ne savais pas quoi faire, ni où aller.  Laisser le passé derrière, sans en tirer profit pour se victimiser à nouveau, est l’une des choses les plus difficiles à faire.  Les vieux patterns ont tendance à revenir facilement.

Aimes-toi ! Oui, mais comment ?

Durant mon processus à la recherche de mon amour-propre, j’ai cru un moment que j’allais réussir à m’aimer si j’obtenais un corps parfait.  J’ai donc commencé à faire des vidéos d’entraînement, à prendre des photos de mes repas, à me focaliser sur mon apparence physique et c’était devenu le centre de mon attention.  J’ai concocté une page facebook dans le but d’être quelqu’un, d’avoir des likes et d’aider les gens à trouver le réconfort que moi j’y trouvais à ce moment-là.  Ça a duré un temps, puis j’ai commencé, à travers ça, à faire des vidéos de motivation.  J’aimais le côté «j’aide les gens». J’avais besoin de transposer l’aide que j’apportais auparavant à une seule personne et de la donner à la planète entière.

Je voulais qu’on m’aime, je voulais que quelqu’un me prenne dans ses bras, enfin, et me dise que je valais quelque chose, mais au lieu d’en parler, je trouvais mon petit réconfort dans les commentaires positifs et les likes.  Au lieu de croire que ma propre opinion de moi était la seule qui comptait, je prenais celle des autres pour gérer ma vie, à ma place.

Un jour, j’ai regardé, avec une larme à l’oeil, mon nouveau corps tout mince, mais je n’arrivais pas à me porter de l’amour.  C’est alors que j’ai commencé à réaliser que ce que je cherchais n’avait rien à voir avec ce que les autres pensaient de moi.

Puis, j’ai commencé à écrire, parce que je n’avais jamais eu l’opportunité de réellement exprimer mes plus profondes émotions à qui que ce soit.  J’avais toujours eu le sentiment que je devais réfréner ce que je ressentais, parce que ça n’avait pas lieu d’être.  C’est souvent ce qui était ressorti de mes désaccords avec les autres.  J’en étais arrivée à me dire que mes émotions étaient “sans rapport”, parce que je ne m’étais pas sentie épaulée et comprise depuis trop longtemps.  La manipulation mentale, qu’on se laisse infliger, passe aussi par la culpabilisation, même si on n’a réellement rien à se reprocher!

Écrire m’a tellement aidée à me libérer et à comprendre tant de choses.  J’ai découvert en l’écriture un ami, une histoire, un but, une destinée.  Au moment où j’étais au plus bas, à ras-le-sol, c’est la douceur de mes propres mots qui m’a aidée à me relever et à réaliser tant de choses.  Et quand je relie mes textes, chaque fois, j’y découvre un nouveau sens.  Je te souhaite, à toi qui lis mes mots et qui te sens perdue, de trouver ton propre remède à la souffrance, de laisser tes passions te guider et t’épauler jusqu’à ce que tu trouves le petit filon de lumière dans l’obscurité de ta tempête mentale.

Lorsque l’on est habitué à une situation, le changement est difficile et douloureux.  On a l’impression d’être sans repère et de ne pas savoir où donner de la tête.  Avant de comprendre, on passe parfois par des moments très lourds et pénibles, mais lorsque la compréhension se fait sentir, c’est là que toute cette douleur prend tout son sens.

J’ai voulu longtemps changer le monde.  J’ai désiré être quelqu’un de «Famous», pour réussir à toucher le succès.  J’ai surtout voulu qu’on m’aime et qu’on me dise que j’avais réussi, qu’on m’idolâtre, qu’on trouve que j’avais raison.  Je voulais qu’on me regarde vivre ma vie dans le bonheur , parce que MOI j’avais tellement réussi à le trouver.  J’avais besoin d’adrénaline, je vivais dans la réalisation, dans ce désir de tout accomplir, de prendre les meilleures photos de moi pour qu’on voit à quel point ma beauté était étincelante.  J’avais besoin d’avoir raison et de prouver ENFIN que je pouvais moi aussi accomplir de grandes choses et être digne d’être aimée.  C’était ça être aimé,  non?  Tout donner pour qu’on nous aime?  Je l’ai pensé tellement longtemps.

Puis tout ça s’est estompé peu à peu, parce qu’au fond de moi, je n’avais toujours pas la sensation de m’être trouvée complètement.  J’ai réalisé à quel point je me trompais sur mes besoins.  Ça a pris du temps avant que je m’en rende compte. Chacune de mes prises de conscience était douloureuse et tellement difficile à accepter, mais c’était ça qui me permettait de réaliser à quel point j’avais davantage cherché à être quelqu’un, plutôt que d’être moi.

Mais c’est tellement possible d’être juste soi et d’être bien.  J’ai commencé  à me donner le droit de me voir, à comprendre que la seule personne que je devais aider, c’était moi, et que si, par l’entremise de mon propre développement, j’aidais les autres, c’était parfait ainsi.

J’ai compris que je n’avais pas besoin que les autres soient comme moi ou m’aiment, tant que je respectais mes propres convictions.

J’ai compris que je pouvais laisser sortir mes côtés de folies, que je pouvais les aimer, les embrasser, les afficher.  J’ai surtout attiré à moi des personnes qui me comprenaient, qui n’avaient pas besoin que je sois ce qu’ils voulaient.  Des gens qui voyaient en moi le merveilleux, parce que je me suis enfin permis de le montrer.

J’ai compris que je n’avais surtout pas envie de faire comme tout le monde.  Je me suis mise à accepter le fait que je n’étais pas stable et que j’allais probablement ne pas l’être tout ma vie. Que je n’avais pas envie de jouer un jeu, de faire semblant d’être ce que je n’étais pas pour qu’on m’aime.

J’ai compris que j’avais juste besoin d’être là, ici et maintenant.  Que je n’avais plus besoin de m’inquiéter du regard des autres, parce qu’eux aussi avaient leurs propres bibites mentales et c’est souvent ce qui leur donnait l’impression d’avoir le droit d’être méchants avec les autres.

J’ai aussi compris que le pardon était la meilleur façon d’avancer, qu’il fallait accepter les choses telles qu’elles étaient et qu’il fallait d’abord commencer par soi.

Il fût un temps où je n’existais plus qu’à travers les autres
Il fût un temps où je n’arrivais pas à me voir
Il fût un temps où je passais ma vie à chercher les posts les plus originaux pour attirer les gens
Il fût un temps où j’avais besoin d’aller chercher le respect et l’admiration à travers l’opinion des autres
Il fût un temps où je prenais 1 944 948 selfies, pour publier le plus beau et attendre d’être aimée en retour de likes
Il fût un temps où le succès était la priorité dans ma vie
Il fût un temps ou je me battais contre moi-même pour devenir «quelqu’un»

Puis, fût le temps où j’en ai eu assez d’être la victime et où j’ai eu envie d’apprendre à me connaître sous mon vrai jour.

Tout ce temps m’aura permis d’arriver à aujourd’hui.  Ce temps où je ressens le besoin d’écrire pour m’aider moi, à comprendre tout ce parcours que j’ai traversé et tout ce qui me traverse encore aujourd’hui.  Je suis ici, maintenant.  Je suis imparfaite et têtue.  Je suis instable et bizarre.  Je suis amoureuse de la vie et de moi.  Je suis unique et simple.  Je ne ressens plus le besoin de plaire ou de me prouver.  Tout ce qui m’anime, c’est le goût de vivre en ne m’imposant aucune manière d’être et en essayant les choses qui me parlent.  Je procrastine et je vis au feeling.  Je n’ai pas la sensation que l’on doive pousser les choses pour qu’elles arrivent, car je crois que tout arrive au bon moment, lorsque notre âme a saisi ce qu’elle avait à comprendre.  Si on bouscule les choses, on devra faire face, tôt ou tard, à ce qu’on a omis de voir en accomplissant des gestes uniquement par obligation.  J’ai choisi de garocher de l’amour à la planète, parce que j’ai le sentiment que mon amour se rend directement dans les cœurs qui en ont besoin.

Je me suis choisie, moi, parce que tout ce je faisais de pareil aux autres n’arrivait pas à combler le vide que je ressentais.

 

Miss V


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Salut Munchkin! Qui que tu sois sur cette planète, premièrement je te garoche de l'amour tout plein, parce que tu le mérites VRAIMENT! Deuxièmement, il faut que tu saches que j'utilise très souvent ce petit surnom cute pour décrire un ensemble de gens et donc, tu viens officiellement d'être inclu dedans. MAGIE! Alors, si tu as atterris ici c'est soit parce que tu trouves que mon énergie est particulièrement attachante ou que ton inconscient avait besoin de lire ces quelques lignes. Dans les 2 cas, bienvenue dans mon univers, celui où je me permet d'approfondir des sujets parfois simples, parfois plus tabous, ou d'autres fois plutôt drôles. Je suis mon propre cobaye! En fait, ne le sommes-nous pas tous? Découvre-le avec moi !

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